[Essai] Slopy de Staufenbiel, pour voler dans le vent

Introduction

La petite frimousse sympathique du Slopy
attire tout de suite l’œil avec ses airs de planeur F3F à l’échelle 1/2. Machine  compacte avec ses 1.7m d'envergure, c'est le planeur de vol de pente par excellence, tel que nous le propose Staufenbiel. Le Slopy se décline en version ARF, c'est à dire presque terminée mais non équipée et en version PNP, livré avec les servos déjà montés. C'est cette deuxième version dont je vous propose l'essai dans l'article qui suit.


Un kit très complet 

Bien que la version essayée soit baptisée PNP (plug and play), il reste cependant un peu de travail dessus avant d'aller voler, contrairement à certaines mousses portant la même appellation. Mais faisons tout d'abord un petit tour du kit. La boite est très compacte et permet d'envisager de transporter le planeur démonté. Il n'y a pas à dire, le kit est très complet car inclut même le ballast, ou les billes de plomb pour le centrage, c'est suffisamment rare pour être signalé. Ce qui tombe sous la main en premier, c'est le fuselage. Il est du type à ogive, en fibre de verre. Il est peint après moulage, donc aucun plan de joint n’apparaît. En ôtant l'ogive, on découvre les 2 servos du stab en V déjà fixés sur une platine en CTP collé. L'espace restant devant les servos laisse pas mal de volume, mais est relativement court. Les gaines de commande sont déjà posée, recevant les cordes piano en guise de commande. L'arrière du fuselage est déjà percé pour recevoir les petites clés de stab rondes. Au niveau des karmans, le passage de clé d'ail est déjà percé, tout comme le passage de connecteur d'aile. Un système de verrouillage des ailes, appelé Multilock, est déjà en place. Le Slopy est équipé de 2 crochets au choix, un réglable pour le treuillage, un autre fixe pour le catapultage, situé plus en avant, bonne intention de la part du fabricant.




Les ailes, quant à elles semblent à la fois rigides, mais aussi assez lourdes pour leur surface. Elles sont joliment entoilée et décorée, et les servos sont collés en place, fermement tenus dans une gaine thermo. Par contre le câblage n'est pas fait, tout comme la pose du guignol et commande d’aileron. Pour toutefois faciliter le câblage, une ficelle entre l'emplanture et le puits de servos permet de tirer la rallonge sans s’embêter. A l'intrados, le creux du profil n'est pas très bien respecté, le coffrage marquant un angle plutôt qu'un bel arrondi. Je ne pense pas cependant que cela nuise réellement au vol. Point bien pensé, le ballast se fait dans le prolongement de la clé, ce qui signifie que la boite à clé va loin dans l'aile. La clé d'aile est en carbone et de belle section si on considère la taille du Slopy. Les stabs sont également coffrés, entoilés et décorés, mais il reste les manivelles de profondeur à installer et coller.

Coté équipement, le Slopy PNP utilise 4 servos numérique à pignonerie métal de qualité. 
Enfin, une pochette d'accessoires regroupe l'accastillage nécessaire pour terminer le planeur (guignols, chapes, embouts à souder pour chaque, tétons de centrage, etc. ...).


Temps d'assemblage limité

Commençons par les ailes: La première étape consiste à réaliser et installer les rallonges de servos d'ailerons. Dans mon cas, j'ai préféré souder la rallonge coté servos plutôt que d’utiliser un connecteur. Une fois réalisé, on l'accroche à la ficelle et on tire pour la faire passer dans le tunnel qui débouche à l'emplanture. Prévoir suffisamment de longueur pour atteindre le récepteur. J'ai personnellement opté pour une autre solution qui consiste à la câbler plus court et réaliser des rallonges coté récepteur allant jusqu’à l'emplanture. On pose ensuite les guignols d'ailerons, à visser. Après avoir positionné et repéré les trous de fixations du guignol, on perce et on visse.
Avant de réaliser la commande de servos, il convient de mettre les servos au neutre en respectant le sens de débattement. La commande d'ailerons est constituée de deux chapes M2 et un petit bout de tige fileté. Afin de supprimer tout jeu dans la commande, je colle les 2 chapes avec un peu d’époxy rapide. Une fois sèche, on peut fermer les puits de servos avec les caches servos en plastique. Ils sont à découper au préalable à la bonne dimension et maintenus en place avec du scotch. Pour terminer avec les ailes, on ponce puis colle à la cyano les tétons de centrage d'aile dans l'emplanture. C'est terminé pour les ailes !

Les empennages: La seule opération consiste à installer les manivelles de profondeur en guise de guignols. C'est l'opération la plus délicate car c'est du sur mesure. Mais avant cela, il faut souder les boules de chape à leur extrémité. Ensuite il faut faire un petit tranchée dans le champ de la gouverne de profondeur, et au bout de cette tranché un trou au diamètre de la manivelle, plié à 90°. Bien vérifier à plusieurs reprises à blanc que la manivelle, une fois le stab en place, a bien le dégagement pour débattre au niveau de l'arrière du fuselage. Les manivelles sont ensuite collées à l'époxy rapide. La dernière opération consisté à vérifier la bonne longueur des 4 clé de stab et de les raccourcir si besoin. Vous pouvez les coller à demeure dans le stab ou alors les laisser libre et juste sécurisé par du scotch au montage, ce qui permet de les remplacer si besoin.


Le Fuselage : Pas grand chose à faire dessus, si ce n'est de terminer les commandes de profondeur. Coté gouverne, on soude les embouts fileté sur la corde à piano poncée au préalable. Les chapes plastique se vissent sur ces embouts Coté servos, des dominos prennent place sur les palonniers et permette de régler puis serrer la corde à piano. Ces dominos étaient manquants dans le kit, j'ai donc fait un petit coude à la bonne longueur, le réglage, si besoin se faisant alors coté chape plastique des gouvernes. En ce qui concerne l'installation radio, il faut rajouter un accu, 4 éléments de type R6 (Eneloop dans mon cas) et un petit récepteur 4 ou 6 voies. Comme je le disais au début de l'article la longueur dispo à l'avant est courte car le nez est occupé par le plomb de centrage. Puis vient la batterie. Un récepteur de petite taille se logera sans difficulté.

Centrage et poids en ordre de vol

Le kit fournit le plomb de centrage sous forme de billes. Un fois la bonne quantité de plomb trouvée pour le CG indiqué, on prépare un peu de résine lente que l'on mélange avec les billes de plomb, le tout étant coulé ensuite dans le nez an maintenant le fuselage dans la bonne position pour que cela ne coule pas partout.
Sur la balance, le Slopy indique 1100g soit 100g de moins que le poids indiqué sur la boite. La mauvaise nouvelle est qu'à ce poids, la charge alaire atteint tout de même 52g/dm2, ce qui est conséquent pour un planeur de cette taille. Les réglages de départ sont ceux de la notice, avec un centrage à 60 mm

Direction la pente

Le fuselage fournit une bonne prise en main pour le lancer et permet donc un départ avec de l’énergie. Ce qui frappe tout de suite, mais je m'en doutais un peu, c'est que le Slopy vole vite naturellement. Les transitions et passages se font à un rythme d'enfer. Le tableau se gâte quand on ralenti le planeur et que l'on passe en mode chasse au thermique. Le stab de petites dimensions ne fournit pas le guidage auquel on s'attend et l'arrière du planeur a tendance à glisser dans le virage. Plus la vitesse de virage est lente plus le phénomène est visible. Cela se compense aisément en mettant de la dérive, mais le Slopy demande davantage de dérive et plus tôt que d'autres modèles. J'ai fini par programmer un combiswitch (mixage ailerons vers dérive) qui améliore la tenue en virage quand il est activé. La charge alaire importante pour un planeur de cette envergure n'arrange pas les choses, ce qui fait que l’exercice de la spirale n'est pas spécialement aisé. Je n'ai pas trouvé de réel gain en baissant un peu les ailerons de 2 ou 3mm.



Retournons sur le terrain de prédilection du Slopy, le vol rapide. La rigidité des ailes est très bonne le la clé d'ail carbone surdimensionnée ne bronche pas. Le Slopy apprécie les piqués suivis de passages rapides avec longues restitutions. Il ne rechigne pas non plus à faire de la voltige, tonneau, looping, renversement en bottant franchement à la dérive, et les combinaisons de figures verticales et horizontales. Le vol dos n'est qu'une simple formalité. L’atterrissage demande un peu d'attention car le planeur arrive vite et les ailerons relevés ne font qu'augmenter le taux de chute mais pas la vitesse horizontale. On n'hésitera donc pas à faire plusieurs passages si nécessaire, il n'y a pas de honte à cela, et cela m'arrive encore souvent ! La présence de volet aurait été le bienvenu et je pense élargirait le domaine de vol.


Bilan en demi-teinte

Si le gabarit du Slopy en fait le planeur idéal pour emmener partout, sa charge alaire et son petit stab restreignent son domaine de vol et le réserve aux journées de vent moyen à fort. Le Slopy reste un planeur dynamique qui aime voler vite et aime être secoué. Il est plutôt bien construit et fini, ne nécessite qu'un temps d'assemblage limité et l'équipement installé est de qualité. Parfait pour les gens pressés!


Caractéristiques

Envergure: 1700 mm
Longueur: 1030 mm
Poids en ordre de vol à vide: 1100gr
Poids ballast:  296gr
profil: HQW 2/9
Cordes: 175/155/110mm
Surface: 21 dm²
Charge alaire à vide: 52 g/dm²
Fonction: ailerons/profondeur/direction (4 servos)

Réglages :
Note : « - »signifie vers le haut, « + » vers le bas

CG:  62mm
Ailerons: -18mm +10mm combiswitch à 15 - 20 %
Profondeur : ± 8mm
Dérive : ± 10mm
Aérofreins : -18mm (compensation profondeur -2 à -3mm)
Snap (ailerons) : +4mm (profondeur à cabrer en butée)
Volets (ailerons) : : +2mm

J'ai aimé

Kit très complet
Servos de qualité (version PNP)
Gabarit du planeur

J'ai moins aimé

Charge alaire élevée
Stab trop petit
Pas de volets (quadroflaps)

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